Après un nouvel été très chaud, le confort d'été s'invite dans les arguments de vente du logement neuf : pompes à chaleur réversibles annoncées sans surcoût, températures maximales « garanties ». Avant de signer, une question mérite d'être posée : qu'est-ce qui vous est réellement dû ?
Ce que la RE2020 impose déjà
Depuis le 1er janvier 2022, tout logement neuf est soumis à la réglementation environnementale RE2020, qui encadre le confort d'été à travers un indicateur : les degrés-heures d'inconfort (DH), exprimés en °C.h. Concrètement, c'est un compteur qui additionne, sur toute l'année, chaque degré ressenti au-dessus du seuil de confort, heure par heure.
Les repères fixés par la réglementation :
- en dessous de 350 °C.h, le logement est considéré comme confortable ;
- entre 350 et 1 250 °C.h, le dépassement est pénalisé dans le calcul de consommation d'énergie du bâtiment ;
- au-delà de 1 250 °C.h, le projet n'est pas conforme (le seuil monte à 1 850 °C.h dans les zones les plus contraintes).
Le seuil d'inconfort diurne retenu est justement de 26 °C, relevé de 0 à 2 °C après plusieurs journées chaudes consécutives, pour tenir compte de l'accoutumance. Le calcul s'appuie sur des scénarios météorologiques inspirés de la canicule de 2003. Autrement dit, un logement neuf conforme a déjà été conçu pour affronter des étés difficiles — par l'orientation, les protections solaires, l'inertie et la ventilation, avant même toute climatisation.
Un rafraîchissement mécanique n'est que la dernière brique. Ce qui pèse le plus, ce sont les choix de conception : des protections solaires extérieures — volets, stores, casquettes, brise-soleil — qui arrêtent le rayonnement avant qu'il ne traverse le vitrage, bien plus efficaces qu'un rideau intérieur ; l'inertie des matériaux, qui amortit les pics de chaleur ; et la possibilité de ventiler la nuit, idéalement en traversant le logement d'une façade à l'autre. Un brasseur d'air complète utilement l'ensemble pour quelques watts.
À l'inverse, une climatisation consomme de l'énergie, et cette consommation entre dans le calcul réglementaire du bâtiment. Elle ne dispense donc pas d'une conception soignée.
Promesse commerciale ou engagement contractuel ?
Une plaquette, une annonce ou un communiqué n'ont pas la même valeur qu'un document contractuel. Dans une vente en l'état futur d'achèvement (VEFA), c'est la notice descriptive annexée au contrat de réservation puis à l'acte de vente qui décrit les prestations dues : équipements, matériaux, marques ou caractéristiques équivalentes.
Un principe simple : si un équipement — pompe à chaleur réversible, brasseur d'air, store extérieur, volet orientable — ne figure pas dans la notice descriptive, il ne vous est pas dû. Et une température « garantie » n'a de portée qu'assortie de conditions d'usage précises, qui doivent elles aussi être écrites.
Les bons réflexes avant de signer
- Demandez la notice descriptive avant de signer le contrat de réservation, et lisez-la ligne à ligne.
- Vérifiez les protections solaires prévues, l'orientation du logement et la possibilité d'une ventilation traversante.
- Faites confirmer par écrit toute prestation annoncée oralement ou dans une plaquette.
- À la livraison, notez sur le procès-verbal toute prestation manquante ou non conforme : ces réserves déclenchent l'obligation de reprise. La garantie de parfait achèvement couvre un an, et la garantie de bon fonctionnement des équipements deux ans.
Et maintenant ?
Le confort d'été ne se règle pas à la pose d'un climatiseur : il se joue sur les plans, dès la conception. C'est précisément ce qu'un promoteur peut vous expliquer, document à l'appui.
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